CRAC, Cercle de Réflexion et d’Accompagnement à la Commune

 

 

 

 

Projet CRAC

Cercle de Réflexion

et d’Accompagnement

à la Commune

Boutique OPDL

82 Rue Jean Jaurès

07600 Vals Les Bains

opdl@wanadoo.fr

 

 


 


Au départ de cette action innovante se trouve la volonté de favoriser une relation de proximité entre la commune et ses habitants de manière à permettre une meilleure transmission de ce qu’il convient d’appeler le Bien Commun aux générations futures.

 

1.    Pourquoi le CRAC ?

 

       Le CRAC émerge du constat que la société actuelle est en train de vivre une révolution de l’intelligence. C’est désormais dans la prise en compte de toutes ses composantes, qui sont autant de ressources, qu’un territoire se construit.

       Or la situation actuelle apparaît sous un angle paradoxal dans la mesure où l’altération unanimement constatée de ce qu’il convient d’appeler le lien social fait baisser l’intensité de la communication et par là, empêche une mise en commun cohérente des savoirs constitués par les différents acteurs d’un territoire.

       Comment la démocratie locale peut-elle mettre en œuvre une politique de proximité efficace si le lien social et le sentiment d’appartenance à un territoire sont trop faible pour autoriser une concertation ?

       Les symptômes de ce malaise prennent tout d’abord la forme de l’abstention aux élections. Mais il y a plus, la sociabilité telle qu’elle se dessine dans le cadre actuel fait apparaître une forme conflictuelle de participation aux décisions politiques.

       La peur de la rencontre, la crainte de ne pas être reconnu, vont radicaliser les postures en installant une ligne de front entre les différentes positions.

       Il y a là un réel défi à la démocratie. L’enjeu est de reconstruire localement les rôles de chacun de manière à ce que les différents acteurs d’un territoire se sentent valorisés. Par là, c’est l’efficience même des politiques locales qui se trouverait améliorée.

 

2.    Présentation du CRAC

2.1.                            2.1. Le CRAC : définition

 

       Les CRAC se veulent être un lieu de mémoire et de création de savoir en vue de la mise en place d’une connaissance collective des communes sur lesquelles ils se tiennent.

Une fois cette connaissance collective formalisée, un nouveau cycle de réunions permettra de définir la notion d’utilité sociale au regard des caractéristiques du territoire.

       Le CRAC est forum qui inclut tous les acteurs d’un territoire et en particulier la municipalité. Il est important que la mairie soit présente, participe aux discussions et annonce clairement son intention d’utiliser le travail accompli.

       L’énoncé de ce cadre nécessite quelques précisions :

       Le terme de « création de savoir » est entendu comme étant un regard qui se pose sur son objet et qui dit ce qu’il voit, qui le discute collectivement. Au même titre que la science pose sur ses objets un regard qu’elle classifie en différentes formes discursives, le regard citoyen va organiser le monde par le savoir collectivement créer par la discussion. La création de savoir est donc entendue ici comme un discours citoyen sur le territoire de la commune.

       Le terme de « connaissance » est compris comme connaître pleinement son territoire. À l’inverse du caractère éclaté de l’information, la connaissance est pleine. Dans le cadre du CRAC, la connaissance collective est ce qui résulte de la mémoire du territoire et du savoir citoyen.

       Le terme d’« utilité sociale » désigne ce qui est socialement désirable sur le territoire. La question que pose une telle notion est : au regard des désirs des différents acteurs, quels sont les critères qu’il s’avérerait utile de vérifier collectivement en chaque projet ?

 

2.2.              Les trois temps du CRAC

1ère étape : les richesses du territoire

 

       La question qui organiserait les rencontres de cette première étape serait : qu’est-ce qui m’encourage à vivre sur le territoire de ma commune ?

       Ou, plus exactement : qu’est-ce qui me fait bien vivre sur le territoire ?

       Cette question pourrait être abordée selon trois déclinaisons :

par comparaison avec d’autres territoires

par intérêt (financier, pratique, relationnel, écologique, etc.) par choix

 

2ème étape : dans quel état ai-je trouvé le territoire avec les conditions qui m’ont fait faire ce choix ?

 

       Il s’agirait de l’étape « historique » du CRAC.

Il serait intéressant de faire un travail réellement sérieux à ce niveau.

       Il s’agirait, d’une part, de demander par écrit ou par presse aux habitants de la commune de nous faire parvenir ce qu’ils savent du territoire.

D’autre part, d’organiser une première réunion « mémoire » dans laquelle une synthèse des documents reçus serait effectuée et où chacun évoquerait ce qu’il sait de l’état du territoire tel que les générations précédentes l’ont légué.

       Les réunions suivantes permettraient d’affiner ce travail, quitte à demander aux participants de « mener l’enquête » entre deux réunions sur des thèmes déterminés.

A noter :

1ère étape (je regarde le territoire

 = je crée du savoir collectif car j’en discute)

+

2ème étape (dans quel état ai-je trouvé

 ma commune = mémoire)

=

connaissance collective

 

3ème étape : quelles sont les caractéristiques et les tendances que je souhaiterais voir se développer sur le territoire de la commune ?

 

       Cette étape porte sur le devenir de la commune.

       À partir de la connaissance collectivement accumulée, une nouvelle grille de lecture permet de dire ce qui est désirable socialement pour le territoire de la commune.

       Des critères vont alors être définis. Ces critères sont des principes qui vont servir de références à l’appréciation de la désirabilité d’un projet.

       Pour chaque critère, une panoplie d’indicateurs devra être mise en place pour renseigner qualitativement et quantitativement sur le degré de réalisation de chaque critère.

       Les activités présentes sur le territoire vont alors pouvoir être analysées en fonction de leur utilité sociale. De même, l’implantation de nouvelles activités pourra être discutée en fonction de cette base commune.

 

3.    Le CRAC : un forum hybride participatif

 

       La forme que prendra chaque CRAC dépendra de la volonté des participants. Chaque CRAC pourra mettre en place des procédures participatives qui lui sont propres. Mais il ne faut pas faire d’angélisme : de nombreux obstacles peuvent s’ériger face au projet démocratique qu’est le CRAC. L’avènement d’une démocratie de proximité ne se fera pas nécessairement « d’instinct ».

       C’est pourquoi L’OPDL propose une grille d’évaluation du niveau démocratique atteint par chaque forum. À l’image de la grille d’évaluation sur l’utilité sociale, la grille d’évaluation démocratique pose plusieurs critères qui se déclinent en indicateurs.

       Cette grille se compose de deux groupes de critères :

 

  •       -les critères d’organisation

 

 

  •       -les critères de mise en œuvre des procédures

 

  •        

3.1.                            Les critères d’organisation

 

a)      Le degré de précocité de l’engagement des profanes dans le processus

 

indicateurs :

-l’engagement dans la définition des problématiques étudiées

-l’engagement dans la recherche des solutions au problème

 

b)      l’ouverture

       Il s’agit là d’observer dans quelle mesure les différents acteurs ou groupes sont invités à prendre la parole, à échanger, à négocier.

indicateurs :

  •                    quelle est l’ouverture du CRAC aux individus ou groupes constitués, en prenant en compte la diversité et l’indépendance de ces individus ou groupes ?
  •                    le CRAC autorise-t-il les identités des différents individus ou groupes à fluctuer ?
  •  

c)      La qualité

Indicateurs :

 

  •                    le sérieux de la prise de parole : les arguments et revendications peuvent-ils être déployés avec toute l’acuité et la pertinence souhaitable ? Est-il possible de répondre aux objections ?

 

 

  •                    quel est le degré de continuité des prises de parole : les interventions sont-elles ponctuelles ou peuvent-elles durer ?

 

 

3.2.                            Les critères de mise en œuvre des procédures

 

a)      L’égalité des conditions d’accès aux débats

       On sait que plus une parole est « générale », c’est à dire plus elle est abstraite, plus elle est légitime.

       Les animateurs de L’OPDL doivent permettre une facilitation des débats en médiatisant, si besoin est, l’entrée dans l’espace public de certains acteurs qui en étaient jusque là exclus.

 

b)      la transparence de la procédure CRAC

Indicateurs :

 

  •       qui est intervenu ?

 

 

  •       les différentes prises de position sont-elles mises en mémoire ?

 

 

  •       comment établir la suite ordonnée des arguments et contre arguments développés ?

 

 

  •       quelle est la visibilité de l’espace public ainsi créé ?

 

c)      La clarté et la publicité des règles du jeu

Il importe d’observer dans quelle mesure l’intensité de ces critères est forte ou non.

4.    Le CRAC comme nouvel instrument démocratique

4.1.   Une nouvelle forme d’activation des ressources du territoire

 

       Pour chaque mairie, l’avantage du CRAC est de rendre visible une demande sociale qui n’apparaît généralement pas ou alors trop tard, sous forme de conflit. À l’heure de la « proximité », le CRAC pourrait être un bel instrument démocratique.

       En effet, par le CRAC, le travail sur la mémoire qu’il propose et la grille d’évaluation qu’il se fixe, c’est la base même des connaissances sur laquelle l’action municipale se construit qui s’élargit.

       Le travail de mémoire permettra de mieux saisir l’identité du territoire et de ses habitants. Si une conscience commune se détache, ce sont des possibilités d’actions renouvelées qui se présentent.

       Avec le CRAC, c’est « l’expertise d’usage » des habitants qui est reconnue.

       Qu’est-ce que l’expertise d’usage ? Il s’agit de l’accumulation de savoirs théoriques et pratiques que l’on retire de l’utilisation répétée d’un lieu, d’un équipement ou d’un service.

       Il y a là le premier capital du citoyen, avant même tout engagement politique. C’est le savoir du « bon sens ».

       L’idée sous-jacente est qu’aucune expertise, de par son savoir fractionné, ne peut prétendre suffire seule à la prise de décision. Mais, à l’inverse, toute expertise est la bienvenue pour apporter sa pierre à l’édifice. Par conséquent, en fonction de l’orientation que prennent les débats, un CRAC peut tout à fait inviter un ou des experts, pour les consulter sur un sujet précis et inclure leurs savoirs dans la connaissance collective.

       La grille d’évaluation, et les comités d’évaluation qui, si la mairie et les habitants le désirent, l’interprètent, sera un moyen de mieux récolter l’adhésion des citoyens aux projets construits.

       Ainsi, grâce à cette connaissance collective établie en fonction des différents savoirs disponibles, et en particulier « l’expertise d’usage », l’utilisation d’un équipement ou d’un service sera plus conforme aux projections. Par là, c’est toutes les programmations budgétaires et humaines qui deviennent plus aisées.

 

4.2.                            Un instrument de formation évaluation

 

Le projet CRAC est, certes, un projet d’évaluation, mais sa finalité est de lier évaluation et formation. Au travers de la rencontre avec le voisinage, à travers la mise en commun des savoirs qui permet de réaliser ce qu’il y a de commun, c’est tout un programme de formation de la population locale qui se dessine. Cette réunion des savoirs autorise un développement global des compétences.

       Par le CRAC, c’est la compétence en communication de toute une population qui peut prendre un nouvel essor. C’est ainsi la porte ouverte à la conservation de savoirs précieux qui, pourtant, se seraient autrement perdus.

       Mais il y a plus. L’évaluation va également donner lieu à un travail réflexif de la population sur elle-même mais aussi sur son milieu. C’est pour mener à bien l’évaluation que la population va devoir se former à des problématiques nouvelles. Loin de ne se limiter qu’à la conservation de savoirs en péril, le CRAC va donner naissance à de nouveaux pans de savoir.

       Cette exploration prendra à certains moments l’image d’un projet endo-formatif.

       Une population mieux formée, plus consciente d’elle-même, plus sûre de ses bases, s’avérera plus apte à l’ouverture qu’autorise désormais l’ensemble européen. Le territoire du CRAC, plus « connaissant », sera mieux équipé pour réussir le pari d’une modernité accomplie.

 

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Commentaires: 3
  • #1

    anne Jordan (dimanche, 18 septembre 2011 15:25)

    tout ceci est fort séduisant , à l'exception de l'expression finale : qu'est ce que " le pari d'une modernité accomplie " ?
    après tant de formidables propositions , qui vont dans le sens d'une réappropriation de la démocratie , cette formule sent la récup' à plein nez !( de même quel'allusion à l'espace européen... ) non pas que je sois tentée par une fermeture de cet espace , au contraire , mais je tiens à rappeler que cette " ouverture " c'est , pour l'instant celle des capitaux !

  • #2

    u=14826 (vendredi, 03 mai 2013 15:14)

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  • #3

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